D'Amour, Jamais.
Frère Guillaume
"Je suis mort de froid,
Je suis mort de faim,
Et parfois même d’effroi,
Je suis mort pour rien.
Je suis mort en Roi,
Je suis mort en chien,
Je suis mort d’oubli,
Je suis aussi mort d’ennui.
Mais d’amour mais d’amour
Mais d’amour,
Jamais,
Ooh Jamais.
Je suis mort à la guerre,
En cadence 6 pieds sous terre,
Naufragé perdu en mer,
Dos au mur pour des chimères.
Je suis mort courageux,
Je suis mort en lépreux,
Je suis mort par hasard,
Je suis même mort sans l’savoir.
Mais d’amour Mon amour
Mais d’amour: Jamais.
Je suis mort au soleil,
Et je suis mort sous la lune,
Je suis mort dans les dunes,
Et souvent même pour des prunes,
Je suis mort d’impatience,
D’inconscience ou manque de chance,
Par troupeaux entre 2 danses,
Je suis même mort pour la science,
Mais d’amour
Mon amour mais d’amour
Mon amour mais d’amour:
Jamais.
Je suis mort sans les fleurs,
Sans amis sans patrie,
Je suis mort comme on naît,
Nu fripé, et déjà laid.
Je suis mort comme les anges,
Comme une vérité qu’on tait,
Dans le silence intense,
De ceux que ça arrangeait.
Mais d’amour
mon amour mais d’amour,
Mon amour mais d’amour,
Jamais.
Je suis mort de me pendre,
Mon regard pour seule branche…
Je suis mort entouré,
Quand je voulais mourir seul.
Je suis mort sans linceul,
Sous un arbre, comme on cueille,
Un nouveau fruit défendu,
Un nouveau malentendu.
Mais d’amour mon amour
Mais d’amour mon amour
Mais d’amour mais d’amour
Jamais.
Je veux bien encore mourir,
Mais qu’alors ce soit de rire,
Dans un saut, du plus haut,
Dans un ciel sans un nuage...
En mourir de plaisir,
Dans la conscience du très haut,
Mettre les compteurs à zéro,
Dire merci, puis revenir…
A la vie mon amour,
A la vie…
A la vie…
Et à jamais."
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GPT4 a dit:
Analyse de "D’amour, Jamais" – Ballade jazz légère 🎷🎶
💡 Ambiance et intention musicale
Une ballade jazz légère, ce qui donne un contraste saisissant entre la fluidité musicale et la gravité du texte.
Un texte poétique et existentialiste, explorant la multiplicité des façons de mourir, mais affirmant un refus catégorique d’une mort par manque d’amour.
Le ton semble mélancolique, mais pas désespéré : il y a une ironie douce, une élégance dans la fatalité.
📜 Décryptage du texte
🕊️ 1. Multiplicité des morts, absence d’amour
"Je suis mort de froid,
Je suis mort de faim,
Et parfois même d’effroi,
Je suis mort pour rien."
Le texte dresse une litanie des morts possibles : des morts physiques (faim, froid), des morts psychologiques (effroi), et des morts absurdes ("pour rien").
C’est une énumération rythmique, qui donne une impression de résignation douce, voire une forme de détachement face à la fatalité.
"Mais d’amour, mais d’amour,
Mais d’amour,
Jamais,
Ooh Jamais."
Le refrain tranche : on accepte toutes les morts, mais pas celle du cœur, pas celle de l’amour.
L’insistance sur "Jamais" donne une force absolue à cette affirmation.
Le "Ooh" laisse penser à un jeu mélodique, presque une note bleue de jazz, comme un soupir musical.
⚔️ 2. Morts héroïques et absurdes
"Je suis mort à la guerre,
En cadence six pieds sous terre,
Naufragé perdu en mer,
Dos au mur pour des chimères."
Les morts sont ici collectives, historiques, et souvent absurdes.
Le rythme en cadence évoque une marche militaire, une procession funèbre où la mort est mécanique.
Il y a un clin d'œil ironique : mourir pour des chimères, c’est mourir pour des illusions.
"Mais d’amour, mon amour,
Mais d’amour : Jamais."
Encore une fois, le refus est clair.
Tout peut arriver, sauf mourir par manque d’amour.
🌙 3. Morts sous différents cieux
"Je suis mort au soleil,
Et je suis mort sous la lune,
Je suis mort dans les dunes,
Et souvent même pour des prunes."
Les morts traversent tous les paysages, du désert aux océans, de la chaleur à la nuit.
"Pour des prunes" est un jeu de mots léger, qui introduit une pointe d’ironie dans la liste.
"Je suis mort d’impatience,
D’inconscience ou manque de chance,
Par troupeaux entre deux danses,
Je suis même mort pour la science."
La mort n’a pas toujours de sens, elle peut être accidentelle, collective ("par troupeaux"), ou scientifique (expérimentation, exploration).
Cette vision détachée de la mort la rend presque anecdotique, comme si l’existence elle-même n’était qu’un enchaînement d’événements tragiques et absurdes.
🏡 4. L’isolement et l’injustice de certaines morts
"Je suis mort sans les fleurs,
Sans amis sans patrie,
Je suis mort comme on naît,
Nu, fripé et déjà laid."
Là, on touche à une mort plus intime, plus injuste.
Mourir seul, sans reconnaissance, sans même la beauté de l’instant.
La naissance est comparée à la mort : une entrée et une sortie du monde, dans la même nudité, la même fragilité.
"Je suis mort comme les anges,
Comme une vérité qu’on tait,
Dans le silence intense,
De ceux que ça arrangeait."
Mourir parce qu’on dérange.
L’idée que la vérité elle-même peut être une raison de mort, une condamnation à l’oubli.
Une dénonciation subtile de l’hypocrisie sociale et politique.
🪦 5. L’absurdité des choix funéraires
"Je suis mort de me pendre,
Mon regard pour seule branche…
Je suis mort entouré,
Quand je voulais mourir seul."
Une mort violente et solitaire, suivie d’une mort sociale, forcée.
L’idée que même la mort nous échappe parfois, et ne nous appartient plus.
"Je suis mort sans linceul,
Sous un arbre, comme on cueille,
Un nouveau fruit défendu,
Un nouveau malentendu."
Le fruit défendu est une allusion à la Bible, à la chute, mais aussi à l’interdit.
L’idée d’un malentendu indique qu’il y a des morts qui n’auraient pas dû être, des erreurs tragiques.
🌈 6. Une autre façon de mourir, une autre façon de vivre
"Je veux bien encore mourir,
Mais qu’alors ce soit de rire,
Dans un saut, du plus haut,
Dans un ciel sans un nuage…"
Enfin, un renversement.
S’il faut mourir, autant que ce soit de joie.
L’image du saut évoque un lâcher-prise total, une confiance dans l’abandon.
"En mourir de plaisir,
Dans la conscience du très haut,
Mettre les compteurs à zéro,
Dire merci, puis revenir…"
Le "très haut" peut être une allusion au divin, mais aussi à l’extase spirituelle.
Il ne s’agit pas d’une fin définitive, mais d’un cycle.
"À la vie, mon amour,
À la vie…
À la vie…
Et à jamais."
Le final est magistral.
Après avoir tant parlé de la mort, l’amour triomphe, et la vie aussi.
Le dernier mot, "jamais", referme la boucle du texte : tout peut finir, sauf l’amour et la vie.
🎷 Impact musical sur le texte
L’aspect jazz léger crée une dissonance intrigante entre le texte grave et la musique douce.
La structure répétitive du refrain ("Mais d’amour, jamais") joue comme un mantra, un refus obstiné de mourir sans amour.
La mélodie doit probablement suivre un swing feutré, avec des envolées légères pour contrebalancer la noirceur du texte.
Le contraste entre le texte et la musique rend le propos encore plus fort : il ne s’agit pas d’une lamentation, mais d’une affirmation élégante de la vie et de l’amour.
🔥 Conclusion
Un texte d’une grande puissance poétique, qui dresse un catalogue des morts possibles, absurdes, historiques ou tragiques, mais refuse l’idée d’une mort sans amour.
Un regard lucide sur l’existence, teinté d’ironie et d’élégance, refusant le pathos au profit d’une forme de détachement poétique.
Un morceau qui fonctionne comme une danse avec la mort, où le narrateur, plutôt que de la craindre, l’accepte tout en affirmant son ultime liberté : celle de l’aimer.
Un final grandiose, où le mot "jamais" qui ponctuait la mort devient un "toujours" pour la vie.
🎯 "D’amour, jamais" est une ballade jazz où l’ombre et la lumière se mêlent, un refus élégant de l’absence d’amour, et une ode à la vie malgré tout.