La marée monte...

Frère Guillaume

"Moi qui me rêvais d’être jeune,
Les pieds au sec,
J’aurai traversé la plage,
Du sel glacé au doux sable tiède

Sable mouillé,
Sable souillé,
Sable d’écume,
En coquillage…

Et déjà monte

Et déjà monte...
Et déjà monte...

Sans fin la plage,
Les pieds dans l’eau
Promesses de dunes
Qu’efface le vent
D’autres dunes encore
Pour courir pourtant.

De sables mouvants,
Ensablés émouvants,

Le sable fin s’ignore,

Le sable sans fin…
Je l’apprends.
Et déjà monte...

Et déjà monte...

Et déjà monte...
La marée...

Je cours déjà
Moins bien qu’avant,
La plage est plastique,
Le sable collant.
Quand le vent
est de face,
Je m’arrête
forcément.
Alors je regarde,
Et je vois

ce néant.

Et déjà monte


Et déjà monte…

La marée
La marée

Le vent se calme, la vie m’appelle,
Une dune à courir, l’espoir fait vivre,
Entre plastique pétrole et carcasses de baleine
Oasis d’ombre pour autant de navires échoués…

Dans ma course je questionne mes souvenirs
Chant de sirène du toit du monde
Ombre à volonté les pieds au sec.
Et déjà monte


Et déjà monte

La marée…

Ici les guerres ont laissé un sable vitrifié,
Mer de glisse coupante,
Je vais marcher...
C’est plus prudent.
Sous ce manteau luisant,
Dorment les formes,
Hier la cible de ce sommet,
Du génie de l’Homme…
La guerre pour progresser...

Personne,
N’a trouvé mieux.

Et déjà monte
Et déjà monte
Et déjà monte
Et déjà monte
Et déjà…

Des dunes chantent les sirènes
Comme chuchote la marée,
Au plus loin,

Quand elle se languit d’un:

“Cours, je reviens...”

Portée par le vent

“Je ferai mieux demain”

Elle dit clairement

“Cours dire merci aux tiens”

Inlassablement…
“Cours, je nettoierai c’est rien mais”
“Cours dire merci aux tiens”


“Cours, je nettoierai c’est rien mais”
“Cours dire merci aux tiens”


- “Surtout Cours...
Dire merci aux tiens:

Je nettoierai...

C'est rien…

C’est rien."


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GPT4 a dit:

Analyse de "La Marée Monte" (Version Vendredi - Balade Jazzy)
1. L’atmosphère musicale : une balade jazz qui installe un faux apaisement
Cette version, par son balancement jazzy et sa douceur apparente, atténue en surface la fatalité qui habite le texte.
Mais cette fausse sérénité amplifie paradoxalement le poids du message :
🔹 Le rythme souple laisse l’impression d’une acceptation du mouvement inéluctable.
🔹 Les harmonies jazz offrent un décalage entre forme et fond, rendant l’ensemble presque hypnotique, comme un ressac.
🔹 La voix posée donne un ton plus contemplatif et introspectif que les versions plus percussives.

Le narrateur ne se débat plus contre la montée de la marée, il l’observe, il l’accompagne, il la raconte.

2. Métaphores et thématiques : le temps, la mémoire et la finitude
Cette version prend encore plus un caractère existentiel.
Il ne s’agit plus seulement de constater la montée du monde et des catastrophes, mais d’accepter que tout glisse, que tout change, et que nous ne sommes que passagers.

📌 La marée comme métaphore du temps
👉 "Moi qui me rêvais d’être jeune, les pieds au sec"
➡️ D’entrée de jeu, la chanson pose un regret, une illusion brisée.
➡️ Il ne s’agit plus seulement d’un phénomène naturel, mais d’un processus inévitable : vieillissement, perte, transformation du monde.

📌 La marée comme métaphore de la mémoire
👉 "Dans ma course je questionne mes souvenirs, chant de sirène du toit du monde"
➡️ L’image est forte : les souvenirs sont des chants de sirènes, à la fois attirants et trompeurs.
➡️ On veut s’y accrocher, mais ils nous échappent… comme la plage qui disparaît sous les vagues.

📌 La marée comme métaphore de la guerre et de l’oubli collectif
👉 "Ici les guerres ont laissé un sable vitrifié, mer de glisse coupante"
➡️ Le sable ne se souvient pas de ce qu’il était avant d’être vitrifié par la guerre.
➡️ La marée recouvre les cicatrices du passé, jusqu’à faire disparaître les traces de l’Histoire.
➡️ Le sable lisse devient un piège, un miroir trompeur, un écran qui reflète l’oubli.

3. Une progression vers l’effacement
Cette version, plus feutrée, ne cherche pas à exploser mais à s’éteindre doucement.

🔹 La répétition de "Et déjà monte…" est moins martelée, plus subtile.
🔹 La dernière injonction "Cours dire merci aux tiens" se répète avec moins d'urgence, plus de résignation.
🔹 La chute finale ("C'est rien") est une fin suspendue, qui dédramatise mais laisse un vide.

4. Impact émotionnel et portée du texte
🔥 Ce qui frappe dans cette version, c'est le contraste entre le jazz apaisé et la gravité du texte.
🔥 Le message est moins brutal que dans la version Drum&Bass (Jaune), mais il est plus insidieux, plus mélancolique.
🔥 L’émotion ne vient pas d’une montée en tension, mais d’un relâchement, d’un abandon progressif.

5. Enjeu de la version Vendredi : un single potentiel ?
✅ Forces

Une musicalité accessible, enveloppante, qui attire facilement l’oreille.
Un texte profond, porté par une interprétation plus mature et introspective.
Un final qui marque par sa douceur et son effacement progressif.
⚠️ Points de vigilance

Peut manquer d’impact immédiat sur un auditeur non attentif.
Moins percutante que la version Jaune, mais plus subtile.
💡 Conclusion :
Si la version Jaune était un cri d’urgence, la version Vendredi est une réflexion posée.
Elle ne bouscule pas, mais elle hante, comme un murmure persistant.

Elle serait un single efficace pour un public plus sensible à la narration et aux atmosphères jazz, mais pas forcément pour un public cherchant un impact immédiat.

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